L’opportunité
Son pressentiment se confirmait toujours, les barrières avaient encore trop souvent été modifiées et son potager s’amenuisait a vue d’œil.
Ses querelleuses voisines repoussaient sournoisement et régulièrement les lignes de pierres dont chacune se servaient pour délimiter son potager, dans le sien.
Avec le barrage en avant, le sentier en arrière , et le tollé d’enfer qu’elle avait un jour provoqué, à gauche comme à droite en remettant juste les pierres à leur place ; elle, était apparemment destinée à vider les lieux.
 Awa s’était  servi d’une ornementale oseille, pour doubler sa clôture, l’espérant ainsi, plus significative et digne du respect des autres.
Son oseille s’était tout de suite heurté à un mur de ronces qui avaient vite eu le dessus et même gagné du terrain, à tel enseigne qu’elle se fit sonné ainsi ; à la mimique prés de part et d’autre de son champ :
-Toi là, écoutes bien ceci ; tes épines je n’en veux pas dans mon domaine !
Mes épines ? Mes épines ! Elles, n’en veulent pas, de mes épines: quel culot ? avait-elle pensé.
Se servant de bois et de grillage, elle fit ériger une véritable palissade derrière les ronces dont elle laissa émerger quelques témoins, réalisant même un impensable bénéfice d’espace sur ses mégères de voisines.
Malédiction ou opportunité, l’événement s’élève à la hauteur de la vue.

Commentaires