Le Tourment
Ce matin encore Siméon avait été prématurément réveillé par la même angoisse qui le rongeait depuis une dizaine de jours.
Son âne ; souffreteux, l’avait plongé dans un désœuvrement ; nourri de stress depuis qu’un malin camarade s’était hasardé à prévoir sa fin ; lui rendant lui, plus malade que son animal.
Il avait au début, après avoir échoué à le requinquer, essayé de s’en passer, à guetter la providence. Seulement, sans âne, donc sans charrette et activité ; l’habituel bonjour était désormais accompagné d’un pesant regard qui semblait le pister.
Maintenant que ses journées, étaient vidées ; il ne se souvenait guerre en avoir vécu ; de meilleurs ; et surtout ne pouvaient en envisager, sans son fidèle compagnon.
Il Pointa la tète dehors espérant secrètement qu’il ait disparu emportant au moins l’inquiétude de sa misère ; mais le vit là, comme hier. Son permanent désespoir céda soudain sa place à un furtif instant de révolte qui suffit à le décider à se débarrasser de la source de son angoisse.
Bien sûr l’avenir semblait flou sans lui ; mais en attendant c’est le présent qui prenait l’allure d’un très mauvais cliché.
Tout en le détachant il s’étonna du revirement de la situation qui n’était pourtant pas qu’imputable au seul état de son âne car sinon pourquoi ne s’en être débarrassé plus tôt ; les circonstances ? Elles n’avaient non plus beaucoup évolué depuis le début du mal ; seul son regard sur la situation avait changé. Il s’en conclut ceci :
La valeur relève de l’intérêt ; lui même déterminé bien plus, par le regard porté sur les circonstances que par les circonstances elles même.

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