La tentation
Du temps des caravaniers, un riche chamelier qui avec son valet campait près d’un oasis fut mordu par un scorpion.
Une morsure d’ordinaire mortelle, à moins que ne soit assez rapidement appliqué un certain remède traditionnel, fort heureusement assez connu.
Djibril alors, se précipita sur les bagages pour tomber sur la bourse de son maître ; une fortune, dont une pareille vue ne lui ayant jamais été offerte, parvint un moment à voiler d’une surprenante imagination l’agonie de l’autre.
Le filon ; marchandise bêtes et métier inclus et même l’identité et le titre par endroit : une nouvelle vie pour quelque moment de nonchalance ; contre une prompte intégrité pour une hypothétique reconnaissance.
L’option lui semblait lumineuse ; il alourdi le pas et le geste guettant  son maitre  qui, dans un ultime effort  entreprit de ramper vers  lui ; lançant :
-Dans le sac du milieu ; le remède est là ! Il dut l’ouvrir ; y découvrant un flacon plein qu’il tenta d’escamoter, mais qui lui échappa et roula sur le sable vers le souffrant sombré dans l’inconscience.
Le valet fut tant troublé de la scène que la réflexion s’envola de son action ne laissant qu’une mécanique réaction qui l’amena saisir le flacon ; déverser une partie de son contenu sur la plaie qu’il massa.
Puis Il sembla se réveiller en même temps que son maitre, réalisant que sa  nonchalance initiale se muait en véritable culpabilité via la complicité.
Une obsession en si peu de temps pensa-t-il ; car que dire d’une quête qui oublie la cause dans la poursuite effrénée des effets.

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