L’Anarchie
     
     Un tronc d’arbre fut un jour offusqué de l’indolence des feuilles ; aucune charge à supporter pas d’obligations quotidiennes et la part du lion au bout du compte. Car qui d’autre dans l’arbre se prélasse à longueur de journée au soleil, se délectant d’eau et de nutriments apportés par les autres.                                                                                D’un pas révolté il s’en fut exposé le scandale à la racine, qui catastrophé argua; elle n’était donc pas pour demain mon émergence tant espérée, vu que le fruit de mes efforts sombrait dans la corruption.                                                                                         Tous deux, partisans de la manière forte, tablèrent pour un châtiment exemplaire. Il fut décidé de leur coupé l’approvisionnement aux usurpateurs. Quelques branches proposèrent une concertation générale pour statuer; Que nenni protestèrent les syndiqués ; elles l’auraient cherché.

    Ce fut chose faite et bientôt ressentie car la sécheresse eut tôt fait de prédisposer les uns à la raillerie des autres.

La justicière emporta sur son passage quelques branchages.      Joli travail, lui dit-on, elles n’étaient sans doute pas innocentes dans l’affaire,  pour tant défendre les coupables.

Mais celle-ci ne s’arrêta pas là ; elle s’attaqua aussi à l’accusateur qui en perdit son écorce.                                                                                                                     Alerté, on cria au débordement ; pour congédier la justicière passée tyran, on réactiva les vannes ; mais rien n’y fit.                                                                                         La racine elle-même avait perdu quelques ramifications et ainsi appauvri peinait à soutirer le moindre volume d’eau au sol .Elle sollicita vainement le secours du tronc, qui à vif face au soleil suffoquait.                                                                                          On se refera à la concertation des branches, alors d’actualité ; j’aurai besoin d’un peu de sève pour reproduire mes ramifications qui, pour le bien de tous puisent l’eau y nota la racine ; le tronc ajouta qu’il faudrait un peu d’ombre pour tenir et soutenir.
Pour la sève nous n’en produisons guère nous l’apportions seulement des feuilles. Quant à l’ombre nous avouons en être aussi dans le besoin.                                                    Trouvez-nous quelques feuilles ; nous vous revaudront tout ceci.                                                                                                                            Jamais encore de mémoire végétale ; tronc et racine n’avaient autant peiné pour produire des feuillages.

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